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Si Bueil m’était conté – La salle Piégu

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Jeanne Piégu-Léger (1857-1943)

Mécène en son temps

Jeanne, naît à Paris en 1857. Pendant la guerre de 1870, son père Alexandre Piégu, médecin à Paris, est l’un des rares à y rester pendant la Commune.
Déjà en 1799, la famille maternelle de Jeanne avait fondé un hôpital psychiatrique à Clermont-sur-Oise. Il appartient de nos jours à l’Assistance publique des Hôpitaux. Ses oncles que l’on qualifiait à l’époque “d’aliénistes” étaient médecins psychiatres.
Nicole Brottier-Léger se souvient que sa grand-mère Jeanne disait d’eux: “Ils étaient des précurseurs qui pensaient qu’occuper les malades avec des travaux manuels leur était bénéfique”. Jeanne épouse en 1881 Paul Piégu, son cousin (né à Neuvy-le-Roi en 1843), co-directeur de 1879 à 1888 du journal Le Petit Parisien (qui deviendra l’actuel Parisien). De ce mariage naissent quatre enfants, dont André Piégu en1883, (qui deviendra maire de Bueil de 1908 à 1918) et dont la salle des fêtes porte son nom. Ils achètent au début de leur mariage le château du Plessis-Barbe et y résident à la belle saison. Après la mort prématurée de son mari Paul Piégu en 1888, Jeanne épouse en 1891 Louis-Ernest Léger (1842-1905), fils d’une demoiselle Moisant de Tours, ils auront un fils, Louis Léger (1893-1970).

Jeanne, une femme d’action

Pendant la Grande Guerre, Jeanne Piégu-Léger accueille, dans sa maison de La Grande Touche, les enfants du village qui y reçoivent soins et éducation. Ce grand geste civique et non religieux révèle son esprit ouvert et progressiste. Comme le souligne sa petite fille Nicole : “Ma grand-mère a toujours été soucieuse du bien des autres, payant pour les nécessiteux, organisant un repas pour les premières communions des enfants de Bueil et faisant même dispenser des cours de broderie aux jeunes filles”. Elle fait également construire une orangerie au château du Plessis. Au début du XXème siècle, elle fait édifier, avec ses propres deniers, l’actuelle salle des fêtes inaugurée le 20 juillet 1913 par son fils André, alors maire de Bueil. Ce lieu abrite la société de gymnastique “L’avenir de Bueil” dont Jeanne finance l’équipement. Un stand de tir y est adjoint. A cette même époque, elle fait construire la tribune dans la collégiale pour y installer l’harmonium dont elle aime jouer. Bonne musicienne, elle avait, en effet, été l’élève de Gabriel Fauré.

Jeanne, une femme au grand cœur

En 1921, Jeanne Piégu-Léger donne l’usage de la salle à la société des Anciens combattants du village en souvenir d’André, son fils, décédé sur le front en 1918. Dans sa lettre au président de cette société, elle écrit: “Le drapeau de la société de gymnastique représentera pour vous tous l’époque glorieuse d’avant-guerre lorsque, flottant au milieu des jeunes gymnastes, il les conduisait aux récompenses. Il évoquera toujours le souvenir des camarades tombés glorieusement au champ d’honneur. Lorsque vous le suivrez, ceux que nous pleurerons vous guideront dans le chemin du devoir et de l’honneur. Léguez ce drapeau à vos chers enfants en les priant de le conserver intact et de ne jamais le distraire du but pour lequel il a été donné…”. Après la vente du château du Plessis en 1919, elle acquiert diverses propriétés près de Paris dont le château du Chesnay près de Versailles, elle donne à la ville plusieurs terrains le jouxtant. Elle se retire à Bueil dans sa propriété de La Grande Touche où elle décède le 3 octobre 1943.

Le devenir de la salle Piégu

En 1939, la salle Piégu abrite un service du ministère des finances de Paris. En 1943, à la mort de Jeanne Piégu-Léger, cette salle est léguée par testament à la commune. Agrandie dans les années 80, des travaux de rénovation ont eu lieu, quelques années plus tard :
isolation, restauration de la scène de spectacle et changement des huisseries datant de l’époque de la construction.
De nos jours, elle sert régulièrement aux diverses manifestations tant publiques que privées rassemblant événements culturels, commémoratifs, ludiques… où beaucoup d’entre nous prenons plaisir à se retrouver.
Avec sa cour intérieure et sa façade quasi intacte elle a gardé son cachet si particulier, témoin d’une belle histoire plus que centenaire.

Claudine Tondereau

Avec les remerciements à Nicole et Béatrice Brottier, descendantes de Jeanne Piégu-Léger
à Didier Serpin pour les renseignements et photos sur la famille,
à Nicole Poupinet pour le prêt de cartes postales d’archives.

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